21 février 2010 - Publié par Cécile - 0 Commentaires
En début de soirée dans le hall de la gare de Lausanne, un jeune homme faisait les cent pas d’un air décidé. Il tenait à la main une pancarte indiquant: “Câlins gratuits/free hugs”. Du reste, l’allure barbue et un peu replète du personnage évoquait vaguement un gros ours en peluche. Une idée somme toute assez mignonne, en cette période de Saint Valentin. Malheureusement pour lui, les clients ne se pressaient pas au portillon… Tel un anti-aimant, il semblait même générer autour de lui un spectaculaire espace vide! On aurait dit que les gens, gênés ou vaguement effrayés par cet étrange manège, se tenaient tous à bonne distance, serrés vers les bords de la salle! Tandis que j’observais la scène d’un oeil amusé mais aussi un peu attristé, j’avais oublié la règle n°1: ne jamais s’attarder dans le hall de la gare de Lausanne. Il a suffi de quelques secondes pour qu’un drogué m’aborde et me demande de l’argent…
8 février 2010 - Publié par Cécile - 0 Commentaires
Devant un magasin exotique qui vend de tout, de la racine de manioc au sari coloré, de la carte de téléphone internationale au DVD Bollywood, du sac géant de riz basmati à l’huile de coco pour les cheveux, en passant par des sculptures en corne ou des magazines indéchiffrables, il y avait l’autre soir… un radiateur. Blanc, verni, côtelé d’une manière un peu rétro, mais si petit qu’il tenait sur un tabouret posé sur le trottoir, juste à l’entreé du magasin. Etant donné le joyeux capharnaüm qui règne dans l’échoppe, j’ai eu un doute: faisait-il partie de l’assortiment? Etait-il en action? A moins qu’il soit censé procurer un peu de chaleur aux fumeurs bannis par la nouvelle interdiction. Car après tout, il ne serait pas étonnant que cette boutique polyvalente fasse aussi office de bistro…
23 décembre 2009 - Publié par Cécile - Commentaires fermés
La gare de Neuchâtel a trouvé une manière insolite de mettre sa décoration de Noël à l’abri des vandales. Le hall central est en effet orné d’une série de sapins en pots, généreusement parés de guirlandes lumineuses…suspendus au plafond ! Si on ne lève pas les yeux, on ne les remarque même pas. Et si d’aventure on les lève, l’effet produit balance un peu entre « Alice au Pays des Merveilles » et la cuite de fin d’année !
A propos de sapin… Nous avons une fois encore commandé notre arbre de Noël via internet, auprès d’une pépinière de la région. D’ordinaire, un lutin discret venait poser le végétal sur le palier, simplement enveloppé dans un filet. Mais cette année, c’est la poste qui faisait la livraison. Ainsi, nous avons trouvé derrière la porte un énorme carton allongé, avec notre adresse collée dessus. Un peu perplexes (nous avions commandé un petit sapin, et non un géant d’un mètre quatre-vingt… Le Père Noël était-il compris dans le lot?), nous l’avons ouvert et après bien des efforts et des aiguilles répandues, nous y avons vu… un grand vide, avec, tout au fond, un sapin qui semblait minuscule… On essaie de faire écologique en proposant des produits de proximité, et on gâche tout avec l’emballage !
Pour clore le chapitre, ajoutons encore de grands épicéas stylisés peints sur les vitres d’une maison de Villarepos. Une décoration très contemporaine sur une villa très contemporaine aussi, qui contrastait avec le reste du village truffé de fermes traditionnelles. Ils s’accompagnaient de manchots transparents renfermant des cordons lumineux entrelacés. Avec le froid qu’il faisait, ils devaient être les seuls à rigoler… Joyeux Noël !
26 novembre 2009 - Publié par Cécile - Commentaires fermés
Samedi matin dans un supermarché de la ville. Le chariot est plein, ne reste plus qu’à passer au département cosmétiques. Tandis que je parcours les rayons, à la recherche de kleenex et autres dentifrices, une voix s’élève depuis les étalages voisins. Un homme, apparemment au téléphone, puisqu’il parle tout seul. “Comment tu as dit que ça s’appelait? Avec une étiquette rose?” Silence. “Je vois que des étiquettes vertes ou violettes… Non, pas de roses! Attends, en voilà une… Antiâge superlift? Ce n’est pas ça?” Resilence. “C’est compliqué, il y en 36 sortes!” Nouveau silence, qu’on sent un peu tendu. “Bon, écoute, je trouve pas. La prochaine fois, tu viendras toi-même… Oui, parfaitement, tu viendras toi-même!” La conversation s’arrête net. Etirant le cou, je coule un oeil discret sur l’orateur. Et je vois deux jeunes hommes, avachis sur leur chariot (rempli de chips et de pizzas congelées, mais ceci est une autre histoire), l’air éxcédé. Leur impuissance face aux produits cosmétiques me laisse songeuse. En effet, ils arborent une peau rigoureusement lisse et bronzée, une crête gominée qui ferait rougir tous les coqs de la campagne fribourgeoise, et même, dirait-on, un peu de crayon noir sous les yeux…
4 novembre 2009 - Publié par Cécile - 3 Commentaires
Tard le soir en Basse Ville. Dans un angle sombre du trottoir, deux jeunes garçons s’emploient à imiter Michael Jackson dans « Thriller », chapeau à l’appui et lecteur de CD portable à pleins tubes. Drôle d’endroit et drôle de moment pour répéter un numéro, ai-je pensé. Sans parler du fait que les garçons en question étaient bien trop petits pour rester dehors à ces heures. La chanson arrive à son terme, l’un des enfants s’effondre consciencieusement sur le bitume. Arrive un troisième larron, costumé en…squelette, dont les os luisent dans l’obscurité. L’effet est assez surprenant. Il apostrophe une passante, d’une petite voix qui contraste de manière comique avec son déguisement effrayant. C’est à ce moment-là que je réalise : nous sommes le soir d’ Halloween ! Dans le quartier, plusieurs citrouilles évidées ricanent et des bougies tremblottent sur les rebords des fenêtres pour éloigner fantômes et mauvais esprits de sortie cette nuit-là. D’ailleurs, dans le bus, les gens arboraient un peu des têtes de déterrés (les néons ne sont décidément pas flatteurs)… Le seul fantôme que j’ai finalement côtoyé était notre ami le renard, habitué du jardin, qui n’a pas cessé de glapir tout près de la maison. Peut-être parce que nous lui avions laissé les restes d’une…tête de moine. Bouh!
(NB : tête de moine: fromage suisse fabriqué dans le Jura bernois)