Bleu comme un garçon
La tradition d’habiller en bleu les petits garçons remonte paraît-il au Moyen-Age: cette couleur, celle des cieux, devait en effet les protéger des maléfices du Vilain Monsieur d’En Bas. Les filles quant à elles, étaient apparemment moins dommages! D’ailleurs, les vêtir de rose avait-il pour but de les rendre encore plus fraîches et appétissantes aux influences diaboliques? Histoire de détourner l’attention, en quelque sorte… De toute manière, je parie que c’est encore la faute à Eve, à la pomme et tout ça!
Belle comme un camion
Avec le changement de saison, voici venir le moment de consulter les catalogues de mode automne-hiver. En la matière, ce sont les Allemands ou les Suisse-allemands qui s’avèrent les plus savoureux: outre des erreurs de traduction parfois hilarantes (“la femme branchée” y devient par exemple “la femme en branche”(sic)), ils affichent avec naïveté un gôut assez douteux. L’un d’eux n’hésite pas à offrir en cadeau à qui commandera un ensemble de sous-vêtements minimaux en dentelle un… “camion de collection”: un modèle réduit dont la remorque s’illustre de la photo d’un mannequin portant ces mêmes dessous! Comment dit-on “belle comme un camion”, dans la langue de Goethe?
Chroniques d’un déménagement sans voiture (2)
Où est mon double mètre? Sur la table du salon, à côté du noeud papillon, du guide de Berlin et de la cocotte en fonte. Le CD de données ultra précieuses, lui, est dans le frigo. C’est normal, on déménage! D’ailleurs, les poissons sont prêts: ils attendent patiemment leur transfert, qui se fera en bus, installés dans des sacs en plastique calés au fond d’ une boîte isolante en sagex. Espérons qu’ils n’aient pas le mal des transports*… En tout cas, grâce à eux, notre nouvelle adresse — Route de la Pisciculture– prend tout son sens! (mai 2004)
* la nageoire terrestre, quoi!
Chroniques d’un déménagement sans voiture (1)
Première lessive dans la buanderie du nouvel immeuble. Nous apprivoisons la machine, vrai tank affichant des romans-fleuve en caractères lumineux et en plusieurs langues, dont le romanche! Son tambour énorme, qui accueille le double de linge que la poussive machine de la rue de Lausanne, boucle aussi les programmes en deux fois moins de temps qu’elle. Bref, modernité et efficacité quasi industrielle! Eblouis, c’est donc avec reconnaissance que nous lui confiâmes notre montagne hebdomadaire. Au premier lavage, forme de baptême sans doute, elle bouffa la manche de mon pull mauve… (mai 2004)
Soiree médiévale ou presque
Concert de musique médiévale dans une cave voûtée de la vieille ville, reconvertie en taverne. Tout y était: les tentures, les torchères, l’hypocras en gobelets de terre cuite, le serveur vêtu en chevalier, la saucisse de cerf et le pain bien noir. Et remplissant l’espace de leurs mélodies nasillardes mais entraînantes, deux joueurs de vielle. On se serait presque crus revenus au Moyen Âge, à un détail près: le musicien principal (barbe drue, cheveux longs et chemise bouffante) était arrivé en retard… parce qu’ il n’avait pas trouvé de place de parc!