Diversité bioarchéologique
Notre chantier de fouilles, sachez-le, est aussi un écosystème varié. Une foule de plantes et de fleurs, du chénopode à la camomille, pousse sur les tas de déblais, attirant du coup papillons et insectes en tous genres (de la punaise à l’opilion) ; les chenilles font leurs chrysalides dans les cartons d’objets, ainsi que les araignées leurs toiles; le “sang des Bourguignons”, ces fameuses bactéries rouges, colonisent les flaques d’eau stagnant dans les bâches en plastique; la mousse pousse sur le fond des secteurs; les mouches prolifèrent dans les WC; les gerris gambadent sur l’étang formé sous la station de tamisage; le renard fait nuitamment ses courses dans nos poubelles; des hermines et des hérissons se réfugient sous les tas de planches, etc… Et il y en a encore pour affirmer que l’archéologie ne sert à rien?
Le grand voyage
Magasin Emmäus de la Pisciculture, secteur livres d’occasion. Au beau milieu d’un rayon dédié aux guides de voyages, il y avait, comme glissé là par une main malicieuse, le fameux ouvrage de Laurence Pernoud “J’attends un enfant”. Après tout, c’est vrai, ceci est peut-être bel et bien le plus grand de tous les voyages*!
*Pas vrai, amie Gouezela?
Blues de l’appartement moderne
“Ces appartements modernes, quel ennui…”, soupire S., le marteau à la main: le niveau à bulle indique en effet une verticalité parfaite des murs, une horizontalité parfaite du plancher et du plafond. Les meubles viennent s’y appuyer sans problème, au millimètre près. Rien à ajouter. Du coup, c’est presque avec nostalgie que nous avons repensé aux contours ondoyants de l’ancien logement de la Rue de Lausanne, où les bibliothèques penchaient en avant, le lit en arrière, où l’on trébuchait sur les noeuds du parquet et où les étagères comme les tableaux n’avaient jamais l’air droit. Sans regret, ceci dit (baîllement)…
Pause à la Planche-Supérieure
Place de la Planche– Supérieure, 9 heures du matin. La fluette serveuse du café d’en face désaltère les lauriers de la terrasse avec un arrosoir en zinc quasi plus gros qu’elle; une plume de pigeon, presque mimétique, vogue sur les pavés au gré de la bise; un couvreur jure en italien sur le toit de l’église; un chat noir et blanc se vautre dans une flaque de soleil devant sa niche décorée de fleurs; un étrange Monsieur obèse dévale la pente, cigare au bec, juché sur une moto miniature où est planté un parapluie; un groupe de touristes photographient longuement l’horloge énorme qui décore la façade du bâtiment du Service archéologique. Horloge qui d’ailleurs me signale déjà la fin de la pause. Si je jette là mon trognon de pomme, sur la pierre de cette place farfelue, il pourrait encore bien pousser un pommier!