Alexandre, ce héros

Il y a quelque temps pas­sait au cinéma un film retraçant en grande pompe la vie et la car­rière d’ Alexan­dre le Grand. En librairie, ce film a sus­cité une soudaine flo­rai­son d’ouvrages plus ou moins sci­en­tifiques con­sacrés au con­quérant (à croire qu’ils som­meil­laient dans les tiroirs en atten­dant la sor­tie d’un film, juste­ment). Qu’un film relance l’intérêt du pub­lic pour un per­son­nage his­torique, soit. Mais ce qui me laisse per­plexe, c’est cette bande de papier rouge placée en tra­vers d’une biogra­phie, procla­mant en grandes let­tres blanches: “Retrou­vez les héros du film”. Le cinéma semble-t-il désor­mais plus vrai que l’histoire? Ou alors, ne conçoit-on plus l’histoire que comme un film? A moins qu’Alexandre, per­son­nage auréolé de mythe, ait sim­ple­ment l’étoffe par­faite d’un héros de pel­licule… quitte à confondre?

Fin de fouilles

Ca y est: après 3 ans, notre cam­pagne de fouilles prend fin. Mal­gré le froid, la boue, la canicule, les heures passées à écoper les secteurs inondés ou à dégeler le sol durci, mal­gré les WC sans chauffage ni chasse d’eau, les ten­dinites et autres lum­ba­gos, les longues péri­odes sans décou­verte, mal­gré la pluie, le vent arracheur de tentes, les fas­ti­dieuses rec­ti­fi­ca­tions de strati­gra­phies, les dessins à faire couché dans l’eau, les aspi­ra­teurs bouchés, les grince­ments humains, les pieds con­gelés, les lour­des brou­ettes à pousser, les déca­pages inter­minables, les oreilles de cochon cachées par de petits plaisan­tins… et tant d’autres détails pit­toresques: j’ai ressenti un gros pince­ment au coeur cet après-midi en voy­ant nos ser­res en cours de démon­tage. Leurs arma­tures métalliques se dres­saient soudain toutes nues, comme les côtes d’un squelette de baleine échoué au milieu des secteurs vides. Nous avons d’ailleurs fini sur un petit clin d’oeil: la voiture d’un archéo­logue étranger venu nous ren­dre vis­ite était imma­triculée TB 22 , soit “Tombe 22″ dans le jar­gon abrévi­atif que nous util­isons dans la doc de ter­rain! Doc de ter­rain qu’il est main­tenant temps d’empoigner pour en tirer la sub­stan­tifique moelle…

Sur ma déclaration d’impôts

Revoici venu le temps honni de la déc­la­ra­tion d’impôts, rendez-vous annuel auquel on n’échappe pas, arghl. Un détail amu­sant toute­fois: sur la pre­mière page, qui décrit la “sit­u­a­tion per­son­nelle, pro­fes­sion­nelle et famil­iale”, plusieurs élé­ments ont été préim­primés: mon nom, ma date de nais­sance, mon état civil et même ma reli­gion. Par con­tre la rubrique “fille de” est vide! A croire que le nom de mes géni­teurs est sus­cep­ti­ble de changer d’année en année, et ce au con­traire de ma con­fes­sion! C’est vrai, nous sommes à Fribourg.