Archéologie en kit

J’ai eu du mal à y croire. Et pour­tant, c’est vrai: on peut désor­mais faire de l’archéologie sans quit­ter son salon! Il suf­fit d’acheter une boîte con­tenant un morceau de terre, dans lequel ont été dis­posés les tes­sons d’un vase (une “copie authen­tique”), époque à choix: romaine, grecque, étrusque ou pré­colom­bi­enne. A l’aide de la petite spat­ule fournie, on gra­touille con­fort­able­ment pour exhumer les frag­ments, avant de les remon­ter et de restau­rer le vase obtenu. Facile! Ca don­nerait presque envie de faire de la vraie archéolo­gie. Sauf que là on est dehors, à genoux dans la boue, et que l’on ne trouve en général que quelques tes­sons à la fois; tes­sons qui d’ailleurs appar­ti­en­nent rarement au même pot, sans par­ler du fait que l’on ne sait jamais à l’avance ce qu’on va trou­ver (si l’on trouve quelque chose). Mais main­tenant que les fouilles sont ter­minées, il ne me reste plus qu’à acheter la boîte, par nostalgie…

Un chantier surréaliste

Sur le chantier de Pérolles 2, il est temps de gar­nir d’ arbres l’ esplanade en béton qui s’étale entre les diverses bâtisses. Ceux-ci ont donc été livrés il y a quelques jours; couchés en rang sur le sol en atten­dant d’être plan­tés, les arbustes déjà robustes mon­traient leurs racines prises dans de grosses mottes de terre, elle-mêmes embal­lées dans un filet trans­par­ent. C’est d’ailleurs la pre­mière chose que j’ai remar­quée. De loin, ces mottes ovales, brun foncé, ressem­blaient presque à de gros oeufs de Pâques en choco­lat! Des oeufs inso­lites hors desquels pous­saient des arbres! Non loin, il y avait aussi une pelle mécanique rose et un gros rouleau de tuyau jaune cit­ron. De quoi égayer les façades si beiges des bâti­ments . Et d’apporter une touche sur­réal­iste à ce si triste chantier.