Au marché sous la pluie

Mercredi matin tôt sur la place Python. Des cordes épaisses tombent du ciel, le jour est gris souris. Les maraîch­ers instal­lent leurs stands en s’encourageant mutuelle­ment. Emmi­tou­flés comme en hiver, ils s’abritent sous leurs bâches et passent le temps en buvant de grandes tasses de thé ou de café qui fument dans l’air chargé d’humidité. Il y a peu de vis­i­teurs. Et pour­tant, l’atmosphère est tout-à-fait spé­ciale. La pénom­bre fait ressor­tir les formes et les couleurs des fruits et des légumes: le rouge foncé des radis, le vif orange des carottes, le vert des salades, encore plus appétis­santes ourlées d’eau, et même le beige des oeufs à l’ovale par­fait qui, rangés sur des plateaux car­rés, sem­blent phos­pho­res­cents. Mais le plus beau, c’est l’étalage du fleuriste, qui a sim­ple­ment dis­posé ses marchan­dises sur le sol. Pétu­nias, tagètes, géra­ni­ums, impa­tiences: douchés par la pluie, ils for­ment comme un grand tapis ori­en­tal dont les vifs col­oris trouent la gri­saille et saut­ent lit­térale­ment au vis­age. Du coup, j’ai acheté quelques pots: his­toire d’emporter un peu de lumière avec moi.

1 Comment

  1. Serge K. Keller
    27 mai 2005

    Ou, pour repren­dre une jolie expres­sion lue ailleurs, “un ciel si gris qu’il faut lui pardonner”.

    Merci pour ce moment d’émotion pure!