La soutane
En cette saison où plus on est nu plus on est beau, ou du moins c’est ce que tente de nous faire croire la mode, ce sont les vêtements habillés qui attirent le regard! En voici une preuve. Bêtement trimballée par un escalator du haut vers le bas d’un centre commercial, je voyais passer en face de moi le dos des gens trimballés par un autre escalator du bas vers le haut. Défilé de dos-nus, de bretelles spaghetti, de shorts, de mini-jupes et autres minitrucs. La routine. Puis soudain, une longue robe noire. Très classe, avec une martingale, des plis flatteurs, une étoffe tombant bien,… J’étais admirative. Tiens? Des manches longues pas cette chaleur? Je lève un peu le regard. Au dessus des manches, il y avait un col blanc, et une tête masculine aux cheveux courts. La belle robe noire était la soutane d’un curé en train de faire ses courses…
Coupe-tifs à l’africaine
A Paris, près de la gare de l’Est, il y a une Petite Afrique. Tout un quartier peuplé d’ébène, où s’alignent les bazars à vêtements et surtout… les coiffeurs. A se demander comment ils peuvent tourner, tant ils sont nombreux !Les enseignes se succèdent, colorées, souvent cocasses, du “Rendez-vous des Stars” à “La mèche de Bérénice” en passant par “Cécile coiffure” (si, si). Et pourtant, ça marche: il suffit de se promener le soir pour le constater. La coiffure semble élevée au rang de véritable activité socio-culturelle! La rue se transforme en ruche, il y a du monde sur la route, sur les trottoirs, dans l’embrasure des portes des salons bondés où règne la plus grande activité. A l’intérieur, les mains des coiffeuses tressent, coupent, décolorent, sculptent, postichent. Les mèches sacrifiées forment de petits nuages noirs que le vent souffle sur le trottoir. Et tout autour, dans une joyeuse agitation, les familles se rassemblent pour discuter. Dans un coin, un homme se rase tout seul. Un enfant joue à la balle entre les fauteuils. Ca donne presque le tournis! La journeé, l’ambiance est bien plus calme. Debout sur le seuil, les coiffeuses désoeuvrées hèlent même le chaland. Sans distinction de couleur apparemment, puisque S. s’est vu proposer une coupe de cheveux. Entre nous, il aurait dû accepter. Pour le pittoresque, et parce qu’il en avait bien besoin!