Marathon pour une tache

Les fringues et moi, on est brouil­lés depuis longtemps. Et je ne parle même pas des grince­ments de style ou de tailles, non: il s’agit d’un désac­cord pro­fond qui se man­i­feste régulière­ment. Hier, par exem­ple. Peu avant de me ren­dre à un souper un poil formel au restau­rant, j’essayais des vête­ments dans un mag­a­sin (car mal­gré tout, je m’obstine). Soudain, j’ai con­staté que mon pull couleur blanc cassé porte une belle tache de fond de teint près de l’encolure. Damned! Impos­si­ble de sor­tir souper dans cet état. Pas de prob­lème, me suis-je dit avec dés­in­vol­ture, c’est une bou­tique de mode, je vais acheter de quoi me changer. Un sim­ple pull ou T-shirt noir ou blanc suf­fira, ce sera l’affaire de quelques min­utes. Eh bien… non! Tout-à-coup, le mag­a­sin sem­blait à cours de hauts noirs ou blancs, et tous ceux que j’essayais étaient sys­té­ma­tique­ment trop petits, trop grands, trop ser­rés, trans­par­ents, etc… L’enfer! Puis ma mon­tre m’a rap­pelée à l’ordre. Epuisée d’avoir ratissé les rayons et couru x fois de la cab­ine au mag­a­sin, j’ai remis mon pull sali, que les habil­lages et désha­bil­lages répétés avaient d’ailleurs tout détendu. Tant pis, me suis-je dit avec résig­na­tion. Je me suis ren­due au resto la mort dans l’âme, en maud­is­sant tous les tis­sus de la terre. Mais là, un petit mir­a­cle m’attendait: dans la lumière jaunâtre qui baig­nait l’établissement, ma tache ne se voy­ait presque pas! J’ai passé une excel­lente soirée.

Word à l’envers

Le monde mer­veilleux de l’informatique, généra­teur de pépins telle­ment divers et var­iés. Durant quinze ans d’expérience en tant qu’utilisatrice moyenne, j’en ai pour­tant vu passer, des erreurs aux numéros de code bizarres, des bombes, des bips, des blocages, des plan­tages, des malé­fices viraux, etc. Mais cette fois, le phénomène était inédit. Lorsque j’insérais dans mon texte écrit dans Word un sym­bole pour sig­naler les véri­fi­ca­tions à faire, les com­man­des du clavier sem­blaient soudain s’inverser: la touche de par­en­thèse gauche don­nait celle de droite, la touche d’effacement se décalait vers la gauche, etc… Phénomène d’autant plus incom­préhen­si­ble que tout ren­trait dans l’ordre après quelques frappes. Soupirs, jurons, résig­na­tion. Puis soudain, la révéla­tion: le sym­bole choisi prove­nait en fait de l’alphabet arabe! Nor­mal donc que tout s’inscrive soudain de droite à gauche…