Les zarégnés

Drôle de rap­ports, entre les araignées et moi. Et ce depuis ma plus ten­dre enfance. D’une part, je nour­ris une sorte de crainte et de dégoût incon­trôlables pour ces huit pattes qui tri­co­tent dans tous les sens. Com­bien de mau­vaises nuits ai-je passées lorsqu’un arach­nide un peu trop gros partageait ma cham­bre (surtout en le retrou­vant collé à la mous­ti­quaire, ou sor­tant de mon pyjama plié)! L’autre jour, cauchemar inté­gral, j’ai failli poser la main sur une grosse tégé­naire (poilue) instal­lée sur la rampe de l’escalier… Par con­tre, con­traire­ment à la plu­part des arachno­pho­biques, pas ques­tion d’écraser la bête: ce doit être le gène ento­mologique de la famille. Pour m’en débar­rasser, mon arme préférée reste le gob­elet à yogourt fermé (en trem­blant) avec une feuille de car­ton, et hop, par la fenêtre! Mieux, je prends plaisir à les observer, à dis­tance respectable, admi­rant les dessins de leur corps tout rond, leur habileté à tisser leur toile ou à emballer leurs proies. Je me suis même prise d’amitié pour cer­taines d’entre elles: par exem­ple, la petite épeire diadème qui a élu domi­cile sur le bal­con cet été, et dont je con­tinue de casser la toile sans le vouloir. C’est qu’elle la fait un peu n’importe où: entre la chaise et la table, entre le palmier et la blouse mise à aérer… L’autre jour, en me bais­sant pour cueil­lir des feuilles de men­the dans un bac, je me suis pra­tique­ment pris la fig­ure dedans, sa pro­prié­taire en prime. J’ai eu un sacré choc, bien sûr. Mais je pense qu’elle aussi, pen­due paniquée au bout de ses fils déchirés. Imag­i­nons donc cela: une grosse masse rose sans poils, qui n’a que deux yeux et 4 pattes… Quelle horreur!

1 Comment

  1. richard
    15 mai 2006

    Bon­soir Cécile et félic­i­ta­tions pour le “gob­elet à yogourt fermé (en trem­blant) avec une feuille de car­ton”… Merci pour elle !
    Pour une arachno­pho­bique, vous sem­blez bien les (re)connaître…
    Jusqu’à cette année, je me con­tentais de les admirer dans mon jardin plein…d’épeire diadème… le numérique aidant, je les “mitraille” depuis peu et ai ouvert le blog ci-dessus… seule la dernière, une tégé­naire, est “impres­sio­n­ante”…
    Bonne prom­e­nade…
    Richard