Moi, je fête Noël

Noël approche! Comme il est de bon ton ces dernières années, cer­tains esprits cha­grins se van­tent déjà de ne plus acheter de cadeaux (car Noël est devenu une fête pure­ment com­mer­ciale) et surtout de ne plus décorer de sapin (pau­vre créa­ture sac­ri­fiée sur l’autel égoïste de quelques jours de fête). Soit, le côté mer­can­tile est indis­cutable; d’ailleurs, les mag­a­sins nous assè­nent choco­lats et guir­lan­des depuis la fin du mois d’octobre déjà! Soit, le sapin est un arbre que l’on coupe (quoiqu’il soit expréssé­ment cul­tivé dans ce but). Mais faut-il pour autant bouder les fêtes? Moi, je l’avoue, j’aime la lumière des bou­gies, les décors scin­til­lants, le par­fum du sapin, les vis­ites des par­ents et des amis, le rit­uel des cadeaux, la table bien mise, les frian­dises de cir­con­stance, et ce je ne sais quoi de par­ti­c­ulier qui imprègne tout. C’est une atmo­sphère un peu mag­ique qui rap­pelle l’enfance. Je le déclare donc, au risque de passer pour démodée (ce ne sera d’ailleurs pas la pre­mière fois): cette année, je fête Noël!

Des calendriers de l’Avent pour chiens et chats

Des cal­en­dri­ers de l’Avent pour chiens et chats! Ca existe, ils sont en pro­mo­tion au super­marché. Ils ressem­blent tout-à-fait à ceux que nos mamans nous pré­paraient lorsque nous étions petiot(e)s pour nous faire patien­ter avant Noël, sauf que les petites portes numérotées cachent des frian­dises canines ou félines. Et pas de banales cro­quettes: bis­cuits en forme d’étoile, de pois­son, de ham­burger (!), d’os, mini bon­shommes en pain d’épice, four­rés, aro­ma­tisés à la vanille, à la can­nelle, etc. Des gour­man­dises très saines pour nos amis à qua­tre pattes, d’ailleurs, puisque la com­po­si­tion imprimée au dos de la boîte énumère sans com­plexe sucre, col­orants et addi­tifs. Alors que la moitié de la planète ne mange pas à sa faim, on sem­ble décidé­ment ne plus savoir que faire de notre opu­lence ali­men­taire. Mais le plus triste, c’est qu’il ne s’agit pas seule­ment de nour­ri­t­ure. Ce genre de pro­duits reflète en fait un mal très actuel: la soli­tude. Seule con­so­la­tion, l’étalage était (encore) intact.

Souvenirs de Bâle

Un équilib­riste en fer forgé plane au-dessus d’une mai­son bap­tisée “Teufel­hof”. En pleine rue, une colonne Mor­ris cou­verte d’affiches s’ouvre soudain et un homme en sort: dedans, il y a un escalier en col­i­maçon. L’hôtel de ville est rouge, peint et sculpté jusque dans ses moin­dres recoins de vis­ages, de feuil­lages et d’animaux, dont des homards. A l’entrée des toi­lettes de la Skulp­turhalle, une antique statue grecque lève sa robe. Le sapin de Noël offi­ciel se pare de guir­lan­des scin­til­lantes découpées dans de vieux CD. Devant une bou­tique, un renne en plas­tique grandeur nature a des leck­erli dans l’oreille. La ville de Bâle ressem­ble à un poème surréaliste!