Ces imbéciles sans voiture
Que l’on me regarde bizarrement parceque je ne possède pas de voiture (ni de permis de conduire, d’ailleurs), cela arrive assez souvent. Mais me faire insulter parce que je prends les transports publics, et de surcroît par un autre usager, c’est une première! De retour de nos achats hebdomadaires, encombrés de plusieurs cabas bien remplis, S. et moi nous étions faufilés dans le bus en essayant de ne déranger personne avec notre chargement. Précautions bien inutiles: presque aussitot, une jeune femme s’est mise à critiquer vertement “ces imbéciles qui ne prennent pas leur voiture pour faire les courses”! Le tout en italien, pensant probablement ne pas être comprise. Hélas pour elle, S. est parfaitement italophone. Il lui a donc répliqué fort poliment que tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir une voiture. Malgré cette réponse plutôt définitive, la mécontente ne s’est pas laissé démonter pour autant: elle a poursuivi sur le même ton (avec quels arguments, je me le demande encore), jusqu’à ce que S., excédé, abandonne la conversation. Peu après, la jeune femme descendait du bus, la mine outragée, à l’arrêt placé devant l’université. Pour aller y suivre des cours de psychologie, probablement. Ou y rechercher sa voiture.
Nous n’avons pas de voiture non plus et je remarque que l’on intrigue.
Je provoque parfois en disant que je gagne du temps sans voiture, alors que l’argument principal en faveur de la bagnole contre les transports publics est justement le temps.
Mais il faut tout compter, ajouter au temps qu’on utilise pour se rendre d’un lieu à l’autre, le temps pour trouver où se garer, le temps d’entretien du véhicule (le nettoyer, le conduire au garage, etc)… et les heures qu’il faut travailler pour l’achat, l’amortissement, les raparations, l’essence, les assurances… Sans compter qu’une partie du temps passé dans les transports publics peut être rentabilisé en lecture et travaux divers. Oui, la bagnole c’est une perte de temps!
Chère Cécile,
J’adore m’affaler sur les banquettes des transports publiques, somnoler pendant les trajets et rêvasser en regardant par la fenêtre.
Par la force des choses, parce que maison-crèche-bureau-achats-maison-crèche-maison-bureau-maison (dans l’ordre), je roule tous les jours en voiture, en ville. Je n’aime pas trop ça, je ne peux pas m’assoupir au volant, ou regarder les passants. En plus, rouler en ville, c’est assez déplaisant, c’est même dangereux, en raison de la circulation et de la multiplicité des types de véhicules, sans compter les piétons. Dès que je peux, je laisse la voiture au garage. Mais la voiture n’est pas une perte de temps, en tout cas pas toujours, en tout cas par pour nous, dans notre configuration actuelle. Et dieu sait si j’aime le bus. Bref.
Mais ce que je déteste le plus, ce sont les conducteurs occasionnels, ceux qui ne prennent leur voiture que pour faire leurs achats. En général, ceux sont des gens qui roulent mal, parce qu’ils ne conduisent pas assez souvent, des gens qui vous coupent la priorité aux abords du parking, parce qu’ils pense qu’ils peuvent être aussi agressifs en voiture qu’avec leur caddie à bout de bras. Ce sont des gens pressés et hostiles, parce qu’ils ont trois packs de six bouteilles de 1.5 litres d’eau minérale dans leur coffre, qu’ils devront décharger et monter, à pied, dans leur appartement du sixième étage.
Je sais, c’est une caricature, tant pis.
Et je ne trouve pas bizarre de ne pas avoir de voiture, ni de transporter ses achats dans un bus.
ah, bouton ‘submit’ m’a trahi…
Je voulais encore ajouter:
Courage,
car ce n’est pas toujours simple de transporter des gros sacs bien remplis, qui ne cherchent qu’à se renverser au moindre hoquet du bus et à déverser leur contenu sur le sol détrempé.
à bientôt!