Zürich au printemps

Dans la Bah­nof­s­trasse, les vit­rines des grands cou­turi­ers présen­tent des chif­fons informes; la haute cou­ture ne fait décidé­ment plus rêver. C’est aussi ce que doit penser ce vieux man­nequin en bois au coeur du marché aux puces, exposé entre un vélo rouillé et un fau­teuil Voltaire. La foule se presse à la ter­rasse de chez Sprüngli pour déguster de minus­cules tranches de gâteau hors de prix. Tra­ver­sée sym­bol­ique de la Parade­platz, mythe du Monop­oly. Une façade de la vieille ville s’orne de para­pluies dorés et d’un chameau. Dom­mage que les vit­raux de Cha­gall soient inac­ces­si­bles pour cause de travaux (un pan­neau l’explique même en japon­ais). Dans le jardin botanique tapissé d’ail des ours, un geai s’envole à quelques pas de nous; des gens lisent sur des chaises de bois à l’ombre des bam­bous et des orangers en fruits. Puis nous lon­geons un canal où un par­cours d’exercices asi­a­tiques, pho­tos kitsch à l’appui, pro­pose de remet­tre d’aplomb les busi­ness­men stressés. Lorsque le soir tombe, le lac prend des teintes d’aquarelle. Les arbres sous lesquels nous pas­sons ont des frondaisons immenses comme des tentes de cirque, et l’eau qui baigne les bateaux dans le port de plai­sance est toute pois­seuse de pollen jaune. Le long des rives, une fontaine en forme de grosse boule rose déborde tran­quille­ment. C’est le moment de ren­trer. Dans le hall de la gare, la Nana de Niki de Saint Phalle nous fait un dernier signe de la main.

2 Comments

  1. Charles
    31 mai 2006

    Un petit blog sympa le mer­credi soir, j’aime bien tes textes. A bientôt

  2. Cécile Matthey
    7 juin 2006

    Merci! Mais pourquoi spé­ciale­ment le mer­credi soir?