Sur un air de jazz

Genève, Place du Bourg de Four. Un petit groupe de musi­ciens de rue joue un jazz entraî­nant. Bien que ce soit l’heure du dîner, de nom­breux pas­sants s’arrêtent un moment pour les écouter. Et chose assez inhab­ituelle, il y en a même qui dansent. En m’approchant, je con­state que ce sont des hand­i­capés men­taux. Ils se déhanchent, sautil­lent, mouli­nent des bras avec ent­hou­si­asme au rythme de la musique. Quel con­traste avec le reste du pub­lic qui reste immo­bile, rigide, comme enrac­iné au bitume! C’est à peine si cer­tains osent un dis­cret dode­line­ment de tête. Des gens dits nor­maux. A voir les pre­miers, que l’on qual­i­fie volon­tiers d’anormaux, à voir leur énergie, leur corps libérés et leurs vis­ages ray­on­nants, franche­ment, on se demande qui sont les plus à plaindre!

2 Comments

  1. Gouezela
    28 oct 2006

    En effet, la nor­mal­ité finale­ment pour­rait aussi se résumer à un car­can de règles très restric­tives.
    J’ai par­ticipé il y a qua­tre ans à une soirée “années 80″ avec un groupe d’handicapés. C’est une des soirées dansantes les plus agréables que j’aie passées: per­sonne ne se préoc­cu­pait de regarder com­ment les autres dan­saient ou étaient vêtus et il fal­lait presque refuser les invi­ta­tions sur la piste. En plus, nous avons dansé tant entre filles qu’avec des garçons. C’était vrai­ment festif!

  2. Serge
    6 nov 2006

    All that Jazz…

    Nor­mal’ c’est en général la déf­i­ni­tion que nous don­nons de nous-mêmes par rap­port aux autres, du moins dans les cas les plus extrêmes. Nous seri­ons donc tou­jours l’anormal de quelqu’un d’autre…