Sur un air de jazz
Genève, Place du Bourg de Four. Un petit groupe de musiciens de rue joue un jazz entraînant. Bien que ce soit l’heure du dîner, de nombreux passants s’arrêtent un moment pour les écouter. Et chose assez inhabituelle, il y en a même qui dansent. En m’approchant, je constate que ce sont des handicapés mentaux. Ils se déhanchent, sautillent, moulinent des bras avec enthousiasme au rythme de la musique. Quel contraste avec le reste du public qui reste immobile, rigide, comme enraciné au bitume! C’est à peine si certains osent un discret dodelinement de tête. Des gens dits normaux. A voir les premiers, que l’on qualifie volontiers d’anormaux, à voir leur énergie, leur corps libérés et leurs visages rayonnants, franchement, on se demande qui sont les plus à plaindre!
En effet, la normalité finalement pourrait aussi se résumer à un carcan de règles très restrictives.
J’ai participé il y a quatre ans à une soirée “années 80″ avec un groupe d’handicapés. C’est une des soirées dansantes les plus agréables que j’aie passées: personne ne se préoccupait de regarder comment les autres dansaient ou étaient vêtus et il fallait presque refuser les invitations sur la piste. En plus, nous avons dansé tant entre filles qu’avec des garçons. C’était vraiment festif!
All that Jazz…
‘Normal’ c’est en général la définition que nous donnons de nous-mêmes par rapport aux autres, du moins dans les cas les plus extrêmes. Nous serions donc toujours l’anormal de quelqu’un d’autre…