Dans les entrailles du monstre

Un gros camion échoué sur le trot­toir de la Route de la Pis­ci­cul­ture. En panne. “Bien fait”, ai-je pensé avec une sat­is­fac­tion mesquine: il y a trop de ces mon­stres qui mon­tent et descen­dent la rue en gron­dant dès l’aurore, sou­vent à tombeau ouvert, au mépris des humains et des chats (pau­vre Robin­son). Deux hommes s’affairaient autour de la bête au capot ouvert, le chauf­feur et un dépan­neur. En choeur, très con­cen­trés, ils trit­u­raient des tuyaux, action­naient des clapets, tirail­laient des fils, se met­taient à qua­tre pattes pour exam­iner le châs­sis et les roues. Et pen­dant ce temps, le camion exha­lait des soupirs et des jets de vapeur peu ras­sur­ants. Mal­gré tout, je ne pou­vais m’empêcher d’admirer leur savoir-faire: l’anatomie d’une machine de ce genre n’est pour moi, pau­vre pié­tonne, qu’un mys­térieux chara­bia! Et pour­tant… En arrivant à leur hau­teur, con­tour­nant prudem­ment l’épave cra­chotante, voilà que j’attrape des bribes de leur con­ver­sa­tion: “Et ce machin, là, vous savez à quoi ça sert?” demandait le chauf­feur. “Aucune idée”, répondait le dépan­neur. Selon toute vraisem­blance, le camion allait rester là un bon moment! Bien fait.

4 Comments

  1. Sugus
    11 nov 2006

    Je déteste les camions! Et pour­tant… ils se baladent rarement pour faire du tourisme, ils bossent, et c’est notre mode de vie qui sus­cite tous ces trans­ports! Alors…?

  2. Cécile Matthey
    11 nov 2006

    Alors, peut-être ne faudrait-il pas mélanger quartiers rési­den­tiels et zones indus­trielles, voire park­ings à camions, comme c’est le cas ici. Rêvons…

  3. Djibril
    23 déc 2006

    Et peut-être faudrait-on acheter des marchan­dises locaux au lieu de viande de la Nou­velle Zélande, fruits des États Unis, légumes du Brésil, etc. Plus de pro­duits suisses, moins de trans­ports, moins de camions… ;-)

  4. Cécile Matthey
    24 déc 2006

    Absol­u­ment. Il faut d’ailleurs remar­quer que les mag­a­sins ne nous y aident pas tou­jours. L’autre jour, impos­si­ble de trou­ver des oignons (pro­duit basique par excel­lence) suisses: ils venaient…d’Australie! Sans par­ler des pro­duits bio importés de Nouvelle-Zélande ou de Turquie! Pas si bio que cela, si l’on compte la pol­lu­tion générée par leur transport…en camion, par exemple!