Le sapin vivant

Au fil du temps, les décors de Noël devi­en­nent décidé­ment tou­jours plus fan­tai­sistes: de l’ ordi­na­teur minia­ture au moulinet de canne à pêche doré, du corset à frous-frous de verre au bal­lon de foot, du croc­o­dile au mini sapin décoré, de la paire de tenailles à la tête de dia­ble, du boule­dogue en man­teau rose au pois­son com­bat­tant toutes nageoires dehors, de la saucisse de Vienne au ham­burger pail­leté, du faux canard de bain au nénuphar, on trouve désor­mais pra­tique­ment de tout (sauf la tru­elle de l’archéologue, que je cherche depuis des années). Mais la palme de l’originalité revient cette année à un véri­ta­ble sapin humain. Une vendeuse d’un grand mag­a­sin du centre-ville avait teint ses cheveux, courts et héris­sés, en vert pro­fond, et por­tait de grosses boucles d’oreilles scin­til­lantes. Joyeux Noël donc!

Halloween à Noël

Sur l’étagère du salon trône une lanterne en terre cuite orange, fig­u­rant une cit­rouille au vis­age ajouré. Après des années de calme minéral ce sym­pa­thique bibelot, famil­ière­ment surnommé Jack, a soudain choisi de faire une farce. L’autre jour, alors que je le pre­nais pour l’épousseter, un de ses orbites a craché une grosse araignée, qui a frôlé ma main avant de tomber sur le sol. Mal­gré la sur­prise et ma frayeur d’arachnophobe, j’ai réussi à ne pas lâcher l’objet: il a pu repren­dre sans ran­cune sa place sur l’étagère. Mais depuis cet inci­dent, le sourire édenté de Jack sem­ble s’être un peu élargi. Nor­mal, il avait enfin rem­pli son rôle! C’est ainsi que j’ai fêté Hal­loween juste avant Noël.