Infimes étrangetés
Il y a des jours où se cumulent les petites bizarreries. Tout a commencé par mon voisin, affublé d’énormes lunettes noires, qui m’a frôlée comme un fantôme dans l’escalier sans lumière. Ensuite, j’ai trouvé une fouine morte, intacte, couchée derrière une voiture. Au bas du Court Chemin, un sac à poubelle mal fermé montrait de drôles de bouts de mousse en forme d’intestins. L’autre jour, au même endroit, c’était un petit buste d’homme en plâtre qui dépassait des gravats jetés dans une benne. Un rien plus loin, une plate-bande se hérissait d’une plantation de… fourchettes! Lorsque j’ai vu un bébé arborer une barboteuse à imprimé militaire, puis un petit garçon insister auprès de son papa pour aller voir le rayon des soutien-gorges, j’ai commencer à me poser de sérieuses questions. Etais-je réveillée, ou encore en train de dormir, tricotant en rêves de ces absurdités dont mon cerveau a le secret? Heureusement, j’ai rencontré par hasard une amie, et nous sommes allées prendre ensemble un café sur une terrasse. Sa bonne humeur a remis les choses en place. Le reste de la journée s’est déroulé normalement. Mis à part que mon cactus miniature, pourtant protégé en permanence sous une cloche hermétique, s’était fait grignoter par une cochenille. Allez comprendre…
Le Projet M (1): administration
Ca y est, le Projet M, comme Mariage, est lancé! A vrai dire, il y a déjà plusieurs mois qu’il était sur les rails, mais les vraies grandes manoeuvres, administratives surtout, ont commencé il y a peu. Première étape, demander les papiers nécessaires auprès de divers bureaux. Heureusement, une union entre Suisses, ça limite la paperasse. Et les frais, puisqu’aucun document officiel n’est jamais gratuit et qu’un simple certificat d’état-civil, émanant de sa commune d’origine, vaut son pesant de cacahouètes. Signalons au passage que ce document, parfaitement identique jusqu’au grain de son papier à filigrane, peut coûter du simple au double selon les cantons. Je n’ai pas encore compris pourquoi… Bref. Ensuite, rendez-vous à l’état-civil pour une séance de préparation. Sous l’oeil bienveillant de l’employé, nous remplissons d’abord plusieurs formulaires attestant que nous sommes bien qui nous sommes, et que nous ne sommes pas déjà mariés. Puis nous organisons le déroulement de la cérémonie, de la musique d’entrée à celle de sortie, en passant par les textes officiels, les animations, les petits cadeaux aux invités, les discours éventuels, et l’échange des alliances. A ce propos, nous avons même droit à des suggestions de jolies phrases à prononcer. L’anti-sèche est permise, ce qui est une bonne idée, vu qu’à ce moment-là l’émotion changera probablement nos cerveaux en fromage blanc… Un coup d’oeil à la salle des mariages, heureusement un peu rafraîchie depuis le dernier auquel nous avons assisté. Le canapé est neuf, et un petit arbre garni de coeurs rouges se balance devant une fenêtre. Par contre, le grand tableau biblique est toujours là… Nous sommes bien à Fribourg, pile en face de la cathédrale! Puis vient un moment un peu étrange: le paiement de la cérémonie, que je peux effectuer avec ma carte bancaire, comme si je règlais des achats dans un magasin! Pour conclure, l’employé d’état-civil, qui sera notre maître de cérémonie le jour J, nous adresse un sourire chaleureux et nous serre la main en disant: “Je me réjouis de célébrer votre mariage!” Wow… Ca s’annonce bien! Il nous a fallu un verre de blanc au Gothard pour nous remettre.(D’autres nouvelles du Projet M sur matthey-keller.com)



















