Voilà, c’est fini. La journée que nous préparions avec si grand soin depuis tant de temps a passé très vite. Elle a pris la forme d’ un tourbillon de lumière, de musique, de couleurs, de gaieté, et surtout, d’une grande bulle d’affection: cela donnait presque le vertige de voir cette joyeuse foule de parents et d’amis, parfois venus de loin, qui nous entouraient de leurs sourires, de leurs voeux, de leurs cadeaux. Avec un brin d’émotion, des étoiles dans les yeux. Même les inconnus rencontrés sur le chemin s’arrêtaient pour nous féliciter ou nous souhaiter…bon courage. Malgré l’omniprésence de la musique, superbe et parfois franchement magique, pas de fausse note à déplorer. Bon vin, bonne chère, enchaînement parfait des divers épisodes. Nous n’avons même pas eu besoin de nos anti-sèches pour prononcer la phrase accompagnant l’échange des alliances. Celui-ci nous a donné un peu de mal, car sous le coup de l’émotion, nos doigts avaient gonflé! Comme il faisait très beau, nous avons pu ouvrir toutes grandes les fenêtres du théâtre, d’ordinaire dissimulées derrière les tentures. Le messager boiteux peut aller se cacher! Par contre, mes chaussures m’ont bel et bien trahie, malgré semelles et scotch antidérapant. De peur de les perdre, il m’a fallu les ôter pour danser la valse surprise que nos amis nous avaient mijotée, entre deux saynètes malicieuses. La performance n’était pas glorieuse, puisqu’aucun des mariés ne sait danser, mais nous avons joui de l’indulgence du public. J’ai presque eu l’impression de faire ainsi mes premiers pas sur scène, devant une salle comble. Après tout, il y a bien un peu de théâtre dans un costume de marié(e)! En grande timide, je cherchais parfois à me cacher derrière mon bouquet à queue de comète, une véritable sculpture, lourde et compacte, faite de roses rouges, d’hortensias verts et de petites baies entortillées de tiges et de fils dorés. Certaines ont été déçues de ne pas me voir le lancer, mais que voulez-vous, la fleuriste l’a fait trop joli, et j’ai préféré le garder! Nous étions tout étourdis lorsqu’à minuit tapantes, une voiture remplie de musiciennes et d’instruments nous a déposés devant chez nous. En passant le seuil, nous tenions en main le présent plus délicat de tous: une petite ardoise peinte représentant les lauréats du jour, chevauchant un éléphant, avec cette légende: “Vive les mariés!” Mon coeur se serre du petit regret de n’avoir pu consacrer assez de temps à chacun durant cette si belle fête. Mais le moment des remerciements viendra. Lorsque nous aurons choisi la plus jolie photo parmi les centaines que nos amis photographes ont faites durant ce jour J du projet M.
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