Le projet M: (9)Quelle fête!

Voilà, c’est fini. La journée que nous pré­par­i­ons avec si grand soin depuis tant de temps a passé très vite. Elle a pris la forme d’ un tour­bil­lon de lumière, de musique, de couleurs, de gai­eté, et surtout, d’une grande bulle d’affection: cela don­nait presque le ver­tige de voir cette joyeuse foule de par­ents et d’amis, par­fois venus de loin, qui nous entouraient de leurs sourires, de leurs voeux, de leurs cadeaux. Avec un brin d’émotion, des étoiles dans les yeux. Même les incon­nus ren­con­trés sur le chemin s’arrêtaient pour nous féliciter ou nous souhaiter…bon courage. Mal­gré l’omniprésence de la musique, superbe et par­fois franche­ment mag­ique, pas de fausse note à déplorer. Bon vin, bonne chère, enchaîne­ment par­fait des divers épisodes. Nous n’avons même pas eu besoin de nos anti-sèches pour pronon­cer la phrase accom­pa­g­nant l’échange des alliances. Celui-ci nous a donné un peu de mal, car sous le coup de l’émotion, nos doigts avaient gon­flé! Comme il fai­sait très beau, nous avons pu ouvrir toutes grandes les fenêtres du théâtre, d’ordinaire dis­simulées der­rière les ten­tures. Le mes­sager boi­teux peut aller se cacher! Par con­tre, mes chaus­sures m’ont bel et bien trahie, mal­gré semelles et scotch anti­déra­pant. De peur de les per­dre, il m’a fallu les ôter pour danser la valse sur­prise que nos amis nous avaient mijotée, entre deux saynètes mali­cieuses. La per­for­mance n’était pas glo­rieuse, puisqu’aucun des mar­iés ne sait danser, mais nous avons joui de l’indulgence du pub­lic. J’ai presque eu l’impression de faire ainsi mes pre­miers pas sur scène, devant une salle comble. Après tout, il y a bien un peu de théâtre dans un cos­tume de marié(e)! En grande timide, je cher­chais par­fois à me cacher der­rière mon bou­quet à queue de comète, une véri­ta­ble sculp­ture, lourde et com­pacte, faite de roses rouges, d’hortensias verts et de petites baies entor­tillées de tiges et de fils dorés. Cer­taines ont été déçues de ne pas me voir le lancer, mais que voulez-vous, la fleuriste l’a fait trop joli, et j’ai préféré le garder! Nous étions tout étour­dis lorsqu’à minuit tapantes, une voiture rem­plie de musi­ci­ennes et d’instruments nous a déposés devant chez nous. En pas­sant le seuil, nous tenions en main le présent plus déli­cat de tous: une petite ardoise peinte représen­tant les lau­réats du jour, chevauchant un éléphant, avec cette légende: “Vive les mar­iés!” Mon coeur se serre du petit regret de n’avoir pu con­sacrer assez de temps à cha­cun durant cette si belle fête. Mais le moment des remer­ciements vien­dra. Lorsque nous aurons choisi la plus jolie photo parmi les cen­taines que nos amis pho­tographes ont faites durant ce jour J du pro­jet M.