La salle de gym: le retour

Tout y est: les fenêtres haut placées, la pen­d­ule pro­tégée d’une grille, la pile de tapis oranges, le cheval d’arçons au cuir tout pat­iné, les espaliers de bois appuyés con­tre le mur, les cerceaux, le tram­po­line à la toile dou­teuse, les perches trop lisses et les cordes trop pois­seuses, les piquets, les bancs,… Et surtout, l’odeur un peu rance de ce linoléum si meur­trier pour les genoux. Instan­ta­né­ment, mon estomac fait un noeud. Un réflexe sorti tout droit de mon enfance, à l’heure du cours de gym­nas­tique heb­do­madaire! N’ayant jamais été une foudre de sport, la salle de gym s’apparentait plutôt pour moi à une salle de tor­ture, dont je reve­nais bien sou­vent endo­lo­rie et frus­trée. Et à voir, les cica­tri­ces sont tenaces! Aujourd’hui, c’est pour un cours de yoga que je remets, pour la pre­mière fois depuis plus de 15 ans, les pieds dans une salle de gym de ce genre. Allongée sur ma natte, au plus près du lino, je rêvasse les yeux ouverts, en atten­dant le début de la leçon. Tiens, il y a une empreinte de main toute sale au pla­fond: sans doute un élève qui a voulu faire le malin en arrivant au som­met des perches. Je n’ai jamais trouvé le truc pour y grimper. Soudain, la voix de la prof s’élève. On respire, on s’étire. Du solfège fil­tre d’une fenêtre toute proche. Me voici par­faite­ment déten­due. Dans une salle de gym. Par­fois, c’est bien d’avoir grandi!

1 Comment

  1. Daniel Fattore
    22 jan 2008

    ôôôôôôm­m­m­m­m­m­m­m­mmm.….….