Câlins gratuits
En début de soirée dans le hall de la gare de Lausanne, un jeune homme faisait les cent pas d’un air décidé. Il tenait à la main une pancarte indiquant: “Câlins gratuits/free hugs”. Du reste, l’allure barbue et un peu replète du personnage évoquait vaguement un gros ours en peluche. Une idée somme toute assez mignonne, en cette période de Saint Valentin. Malheureusement pour lui, les clients ne se pressaient pas au portillon… Tel un anti-aimant, il semblait même générer autour de lui un spectaculaire espace vide! On aurait dit que les gens, gênés ou vaguement effrayés par cet étrange manège, se tenaient tous à bonne distance, serrés vers les bords de la salle! Tandis que j’observais la scène d’un oeil amusé mais aussi un peu attristé, j’avais oublié la règle n°1: ne jamais s’attarder dans le hall de la gare de Lausanne. Il a suffi de quelques secondes pour qu’un drogué m’aborde et me demande de l’argent…
Le petit radiateur
Devant un magasin exotique qui vend de tout, de la racine de manioc au sari coloré, de la carte de téléphone internationale au DVD Bollywood, du sac géant de riz basmati à l’huile de coco pour les cheveux, en passant par des sculptures en corne ou des magazines indéchiffrables, il y avait l’autre soir… un radiateur. Blanc, verni, côtelé d’une manière un peu rétro, mais si petit qu’il tenait sur un tabouret posé sur le trottoir, juste à l’entreé du magasin. Etant donné le joyeux capharnaüm qui règne dans l’échoppe, j’ai eu un doute: faisait-il partie de l’assortiment? Etait-il en action? A moins qu’il soit censé procurer un peu de chaleur aux fumeurs bannis par la nouvelle interdiction. Car après tout, il ne serait pas étonnant que cette boutique polyvalente fasse aussi office de bistrot.