1 octobre 2009 - Publié par Cécile - 3 Commentaires
Pour mon retour sur la toile après tous ces mois d’absence, il fallait une histoire un peu musclée. La voilà… Une fois n’est pas coutume, j’ai cédé aux sirènes de la publicité, qui vantait un appareil de gymnastique censé remuscler cuisses, fesses, ventre et bas du dos. Un bon résumé de mes “zones à problèmes”, dirons-nous… Bon. Il n’était pas très cher, semblait simple d’utilisation et peu encombrant. Après quelques moments de réflexion, je l’ai donc commandé. Manque de pot, comme j’étais absente le jour de la livraison, j’ai dû aller le chercher moi-même à la poste. Au guichet, l’employé me présente un énorme carton tout défoncé. “Vous êtes en voiture?”, me susurre-t-il avec mesquinerie. Ben non… Toujours pas de voiture, toujours pas de permis. Et la poste qui est à une bonne trotte de chez moi, hors des lignes de bus… J’empoigne donc à deux mains le paquet et mon courage, et prends tant bien que mal le chemin de la maison. L’horreur. Au début, le carton semblait plus encombrant que lourd, mais à la longue, étant donné qu’il n’avait aucune poignée, ficelle ou autre prise permettant de le porter correctement, l’exercice devenait de plus en plus pénible. Je suais à grosses gouttes sous le soleil de fin d’été. Et me sentais un peu honteuse dans la rue avec cette boîte dont l’emballage, illustré d’une pin-up athlétique et de slogans en couleurs fluo, trahissait si clairement le contenu. Il me semblait que tout le monde me regardait de haut en bas… Cahin-caha, je suis finalement arrivée chez moi. Epuisée, déshydratée, les bras douloureux et les mains insensibles. Le carton est resté dans un coin jusqu’à ce que je trouve le courage de m’y attaquer. Quelques jours plus tard, j’ai tout déballé et tenté d’assembler les pièces en suivant le mode d’emploi. Non seulement la bête s’avérait plus massive que prévu, mais il manquait toutes les vis! J’ai alors piqué une colère, tout remballé, en maudissant mon comportement de gamine complexée, et ramené le paquet à la poste…en m’aidant cette fois d’un diable et d’un sac IKEA. A défaut de m’avoir musclé le bas du corps, la machine m’aura au moins un peu musclé les bras le jour de son retrait!
18 janvier 2009 - Publié par Cécile - 1 Commentaire
Désormais, même les bureaux des objets trouvés sont touchés par la technologie. Finie l’époque où, ayant égaré son parapluie dans le bus ou le train, on s’adressait à un guichet spécial dont l’employé parcourait des étagères chargées de trucs hétéroclites pour le retrouver. Mon mari en a fait l’expérience à la gare de Berne, après avoir perdu sa casquette en galopant pour attraper un intercity. Première chose: localiser le bureau concerné, qui se cachait en fait au premier étage, dans le bureau des bagages. Soit. La pièce était presque totalement vide, mis à part un guichet ouvert où se tenait une vigoureuse et antipathique matrone suisse-allemande. S.lui a donc exposé sa requête, en allemand, ce qui a semblé la dérider un peu. Je m’attendais alors à la voir disparaître dans un local attenant, ou du moins passer un coup de téléphone. Mais non: elle nous a simplement tendu un formulaire portant l’adresse d’un site internet. Il fallait s’y inscrire, décrire l’objet et les circonstances de sa perte, et attendre une réponse par email. Au revoir, merci (ou plutôt “ade, merci” en dialecte local). Un peu surpris par le procédé, S. s’y est attelé le soir même, en se demandant comment faisaient les gens sans accès internet, genre les personnes âgées… Un premier mail est arrivé 4 jours plus tard: pas trace de la casquette. Sur le moment, ce système un peu désincarné m’a donné l’impression que le couvre-chef flottait quelque part dans le brouillard, hors d’atteinte… C’était un peu vrai. Six jours après tombait un second mail, définitif: l’objet n’a toujours pas été retrouvé, opérations terminées. Reste un brin de nostalgie. Pour une casquette en tweed ramenée d’Irlande, mais aussi pour les bureaux d’objets trouvés à l’ancienne, qui avaient plus de charme, et plus d’humanité.
18 janvier 2009 - Publié par Cécile - Commentaires fermés
Grippe oblige, je me suis replongée durant les fêtes dans la superbe trilogie de films du “Seigneur des Anneaux”. Un élément m’y a toujours fascinée: le lembas, ce pain de route elfique dont une seule bouchée suffit à nourrir un adulte. Et bien, je pense avoir trouvé son équivalent à peu près parfait dans notre monde. Il s’agit des polvoron, une spécialité des Philippines qu’un collègue fraîchement revenu de là-bas m’a fait goûter. Composés essentiellement de lait en poudre, de farine rôtie et de beaucoup de beurre, ces biscuits ovales emballés dans de jolies cellophanes colorées ont une pâte sablée très friable au goût salé-sucré. Apparemment, on peut y ajouter divers ingrédients, comme des noix de cajou, du chocolat, ou des sortes de flocons de riz (pinipig). Mais la recette de base est déjà en soi très nourrissante. Manger un seul de ces biscuits m’a calée pratiquement pour toute la matinée. Je n’ai tout simplement pas pu avaler le second, qui est encore sur mon bureau. Il attend la prochaine fringale. Ou un prochain voyage en Terre du Milieu.
11 novembre 2008 - Publié par Cécile - Commentaires fermés
La tendance me frappe depuis quelques années déjà: lorsque les gens (célèbres ou non) sont interrogés sur eux-mêmes dans les médias, presque tous affirment vouloir “aller vers les autres”, “rencontrer l’autre”, “s’ouvrir aux autres”, etc. Et pourtant, lorsqu’on regarde autour de soi, la société semble s’appliquer à prendre le chemin inverse. Désormais, à l’heure de la politesse plus que minimale, on se fait pratiquement regarder de travers si l’on salue un inconnu ou si l’on s’excuse de l’avoir bousculé… Heureusement, il y a des exceptions. Parfois inattendues, comme ce dernier matin dans le train Neuchâtel-Fribourg. A peine étais-je montée à bord, tirant la porte du wagon derrière moi, qu une petite voix s’élève: “Bonjour!” Je me retourne, et vois un garçon haut comme trois pommes qui me sourit de toutes ses dents. “Salut!”, lui réponds-je, plutôt charmée, avant d’aller m’asseoir un peu plus loin. La petite voix continue. “Papa, pouquoi tu n’as pas dit bonjour à la dame?” Silence, puis une voix d’homme bourrue: ” Ben, elle ne m’a pas dit bonjour”. Le garçon insiste: “Mais moi j’ai dit bonjour, et elle m’a répondu. Allez, papa, vas-y, essaie!”. J’aurais bien voulu connaître la fin de la conversation. Malheureusement, elle a été noyée par le rap tonitruant qui s’est élevé d’un compartiment voisin. Histoire de rencontrer les autres en faisant partager ses goûts musicaux, probablement…
14 septembre 2008 - Publié par Cécile - 1 Commentaire
A peine avons-nous débarqués à Aerfort Bhaile Atha Cliath (sic), l’aéroport de Dublin, que nous pouvons déjà nous payer une tranche d’humour irlandais. Nous hissons laborieusement notre mois de bagages à bord du bus qui doit nous amener au centre-ville, un double-decker identique à ceux de Londres hormis ses couleurs bleu et jaune. Autour de nous, beaucoup de rouquins aux yeux clairs, dont les visages un peu taillés à la serpe rappellent exactement les Irlandais des films américains. S. se rend auprès du chauffeur, placé à droite puisqu’en Irlande on roule à gauche, pour acheter nos billets. L’employé est prolixe. Il lui explique longuement les avantages des tickets aller-retour, qui sont disponibles à un distributeur planté à quelque distance de là. Mais S. n’a envie ni de courir, ni de se battre contre cette machine inconnue (les infernaux distributeurs fribourgeois nous ont un peu traumatisés à cet égard) en espérant que le bus, censé l’attendre, ne parte pas sans lui, emportant ses valises et son épouse vers l’inconnu (en l’occurence Busaras, la gare routière de la capitale; mais bon, on vient juste d’arriver, et tout est encore inconnu). Il choisit donc de prendre deux billets simple course, qu’il peut acheter directement auprès du chauffeur. La réaction est immédiate, avec un accent à couper au couteau: “And after all that, you still want a single-way ticket?” (Et après tout cela, vous voulez quand même un billet simple course?). Le visage reste impassible, mais les yeux pétillent. Bienvenue en Irlande!