Le projet M (7): alliances
Nous voici donc repartis pour Strasbourg, le temps d’une journée, bravant les inondations, les retards de train, les lignes coupées et les wagons archi-bondés pour aller chercher nos alliances. Avec un brin d’appréhension, vu que la bijouterie nous avait causé quelques émotions. Aucune nouvelle de notre commande, une adresse email incorrecte, un numéro de téléphone plus valable, et le magasin qui s’apprêtait à fermer pour plusieurs semaines de vacances. C’est par le formulaire de contact de leur site internet (un site terriblement démodé, d’ailleurs, avec des images qui clignotent et des fonds roses texturés) que nous avons finalement pu les joindre : ouf, le magasin n’avait pas fait faillite et les alliances étaient arrivées! Petit pic de trac au moment de sonner à la porte de la bijouterie (c’est qu’on n’y entre pas comme dans un moulin). Et si les tailles ne correspondaient pas? Et si la gravure comportait des erreurs? Etait-il plus sage de prévoir deux anneaux de rideaux en réserve, au cas où? Nous sommes tombés sur une sympathique dame d’âge mûr, qui nous a servis avec un plaisir évident, en babillant beaucoup. Et pour cause: elle s’était mariée elle-même le samedi précédent, après… 22 ans de vie de couple. Il est donc vrai que nous avions encore le temps! Contrairement à nos craintes, les alliances étaient parfaites. Deux petites choses très délicates chargées d’un grand symbole. C’est un peu émus que nous sommes repartis, notre précieux achat rangé dans un petit sac de parfumerie (?!). Avec une dernière recommandation de la vendeuse: “Dites à vos invités de prendre un chandail. Sur le coup de minuit, il tend à faire frais!”
Le projet M: (6) C’est le bouquet!
A ma tenue de mariée, il ne manquait que le bouquet. J’ai donc poussé la porte de la petite fleuriste de la basse-ville, sans idée aucune sur ce que je souhaitais. La boutique, sise au rez-de-chaussée d’une maison médiévale, était aussi poétique que sa devanture: basse de plafond, avec des grosses poutres apparentes, et une porte vitrée montrant un petit bureau ouvert sur le jardin. Le parquet grince un peu, il y a des tableaux de fleurs aux murs, et surtout, une immense table en bois massif qui occupe tout le centre de la pièce. Elle accueille aussi bien fleurs et feuilles que pinceaux, rubans, boîtes de peinture ou matériaux de bricolages en tous genre. La fleuriste semble être une artiste polyvalente! Je lui présente une photo de ma robe, elle avance un tabouret à vis, me regarde du haut en bas, et son imagination démarre à la pointe de son stylo. Nous parcourons ensuite tout son atelier pour trouver un élément dont le rouge corresponde exactement aux motifs de ma robe: le plus ressemblant figure sur le programme du théâtre Nuithonie, qu’elle enfile je ne sais comment dans son gros agenda. C’est que les fleurs doivent être parfaitement dans le ton! Le projet ressemble à une touffe de roses anglaises avec une longue queue de feuillages fins. Ca me ressemble, ça me plaît bien. Mais je ne pourrai voir le résultat que le 8 septembre!
Le projet M(5): Chez la coiffeuse
Ma coiffeuse est formidable. Elle m’a troussé une coiffure de mariage sur mesure en deux temps, trois mouvements et quelques pinces à cheveux. L’affaire d’une demi-heure tout au plus! Moi qui craignais de devoir passer des heures sous le casque et de me retrouver avec une choucroute garnie sur le crâne, je n’en revenais pas. Je n’ai même pas eu besoin d’exposer mes idées, laborieusement glânées au fil des pages de revues ou de sites internet: elle avait la sienne, mijotée depuis mon dernier coup de fil et aussi bien adaptée à mes goûts, plutôt sobres, qu’à mes cheveux, longs mais pas forcément dociles. Avec une touche d’espiéglerie en plus.” Tu ne veux pas un déguisement, mais être toi-même ce jour-là, n’est-ce pas?” En effet. Oubliés les bigoudis, les permanentes, les arrangements compliqués, c’était parfait ainsi. Ne reste qu’à donner un coup de ciseaux à la frange et à trouver des fleurs fraîches ou des perles décoratives pour peaufiner l’ensemble. Prochain rendez-vous le jour J à 8 heures et demie. Que voilà une affaire rondement méchée, pardon, menée!
Le projet M(4): L’épopée des chaussures
La robe trouvée, restaient les souliers. En compagnie d’une amie compréhensive et serviable (merci Véro), j’ai donc écumé la ville de Lausanne à la recherche de la paire rare qui saurait compléter ma tenue avec classe et harmonie. Comme en temps normal, il m’est déjà assez difficile de trouver chaussure à mon pied, je craignais le pire. Et je n’avais pas tout-à-fait tort: alors que je me plais à mi-hauteur (la faute à un dos susceptible), les chaussures actuelles ont le talon vertigineux ou inexistant; alors que mon pied est plutôt large, les modèles rivalisent d’étroitesse; alors que j’affectionne les bouts ronds ou carrés, on ne trouve que des pointes acérées. Et lorsque la forme peut convenir, c’est la couleur qui ne va pas. Pire, d’un magasin à l’autre, toutes ces chaussures finissaient pas se ressembler. Un vrai cauchemar… Finalement, j’ai acquis de petites ballerines blanches, bien trop plates mais plutôt charmantes, et d’un prix fort raisonnable. Je ne regrette pas la paire repérée peu avant dans une boutique de mariage, qui m’avait presque séduite: cuir blanc irisé, ligne fuselée, bride transversale, talon agréable, allure un peu rétro,… et chères. A peine y avais-je miraculeusement glissé mon pied, me prenant un instant pour Cendrillon, que j’ai essuyé un tir nourri de la part de la vendeuse. Elle me reprochait non seulement de m’être servie moi-même, mais aussi de salir les chaussures en les essayant sans chaussette, et m’interdisait de les remettre en place seule de peur de les mélanger avec d’autres modèles. Je crois qu’elle n’a même pas remarqué que nous étions parties avant la fin de sa litanie. Car là, ça devenait franchement… casse-pieds!
Le projet M(3):Tenues de mariés
Après plusieurs journées de shopping infructueuses en Hélvétie, c’est sur Strasbourg que nous avons mis le cap pour dénicher nos tenues de mariage. Serge nous voyait déjà éjectés du train par un contrôleur inflexible pour avoir oublié de composter nos billets; heureusement, nous sommes tombés sur un jeune homme sympathique, qui m’a même souhaité bon anniversaire (puisque c’était le jour de mon anniversaire, mais ceci est une autre histoire). Nous sommes donc arrivés sans encombres dans la capitale alsacienne, et ce, bol suprême, le premier week-end des soldes. Du coup, les emplettes ont dépassé nos espérances: nous avons trouvé l’essentiel de notre équipement, ainsi que nos alliances!C’est dans une boutique de confection masculine un peu désuette que Serge a trouvé son costume. Le slogan du magasin disait: “Habille tous les hommes”, et c’était sûrement vrai, car selon le vendeur, le mannequin de plastique à la “bûbûche” (entendez “brioche”) impressionnante qui trônait en haut de l’escalier taillait encore petit. Les costumes s’alignaient le long des murs, sans décoration ni musique, et la moquette moutarde étouffait le bruit des pas. Il y avait même des queues de pie et des redingotes. On voyait presque la pelote d’épingles sur le poignet du vendeur, comme dans mes souvenirs d’ enfance. Celui-ci s’est avéré bavard mais de bon conseil, et a même ajusté gratuitement l’ourlet des pantalons. Finalement, Serge était aussi ravi par son costume que par l’atmosphère de l’endroit! Le lendemain, il trouvait une paire de chaussures, et une cravate plutôt luxueuse fabriquée par un grand couturier français. Il était pratiquement paré! Notons au passage que la mode de mariage masculine française préconise actuellement un gilet façon brocard et une lavallière assortie. Très bel ensemble, mais difficile à porter lors d’autres occasions.Pour ma part, j’hésitais entre une vraie robe de mariée blanche, qui fait rêver la princesse en moi mais carrément exploser le budget, et une robe de couleur moins cérémonielle. Au fil des boutiques, j’ai essayé des plissés à la grecque, des robes empire et des fourreaux presque hollywoodiens (le pire, c’est que que ça ne m’allait pas si mal), avant de trouver mon bonheur. Une robe pratiquement oubliée, toute seule sur un cintre, et qui m’allait comme un gant! A croire qu’elle m’attendait. Un vrai petit miracle. Du coup, c’est seulement pour trouver une aumônière que j’ai visité les boutiques de mariage. Pas besoin de prendre rendez-vous comme en Suisse, on peut y entrer, et même farfouiller librement. Là aussi, l’ambiance était particulière, avec les rangs serrés de robes blanches le long des murs, toute gonflées de dentelles et de froufrous, les futures mariées qui défilaient devant la glace, et tout le monde le sourire aux lèvres. J’ai finalement déniché mon aumônière, mais l’opération s’est révélée plus difficile que prévu: il y avait rupture de stock, saison des mariages oblige!Quant aux alliances, trouvaille inespérée, il a fallu les commander. Nous devrons donc retourner bientôt à Strasbourg. Ce sera l’occasion de prendre une tarte flambée et un verre de Riesling.
Le projet M: (2) bien faire un faire-part
Un faire-part de mariage, c’est une affaire bien plus complexe qu’elle n’en a l’air, surtout si l’on décide de le fabriquer “maison”. J’y tenais dur comme fer, étant donné que c’était l’occasion ou jamais de mettre enfin mes crayons et autres pinceaux à mon propre service (et à celui de mon futur mari, bien sûr). Première étape, faire quelques recherches pour glâner des idées. Au fil des papeteries et des sites internet, j’ai été plutôt déçue: malgré les commentaires ronflants de la publicité, les modèles proposés, pourtant à la centaine, sont assez pauvres. Beaucoup de fleurs (en général des roses), de flou, d’anglaises, de couleurs pastel (les pires? Les modèles montrant la photo de mariés anonymes, courant voile au vent sur une plage dans une brume artistique genre David Hamilton). Les plus intéressants étaient encore les faire-parts écossais, façon parchemin calligraphié, enroulé ou replié et cacheté (satisfaction garantie aux yeux les plus exigeants, prétendait le fabricant). Ou encore les invitations indiennes, pleines de couleurs vives et de dorures (quitte à faire kitsch, autant le faire bien). Malgré tout , j’ai pu y pêcher une idée: l’esperluette, comme symbole d’alliance. Un bon faire-part, me disais-je, doit être à la fois joli et personnalisé. Ont suivi de longues heures de gribouillages, d’esquisses, de jets de papier chiffonné dans la corbeille, d’aspirine et de désespoir: rien à faire, je ne trouvais pas d’idée originale. Une gargouille rappelant la cathédrale de Fribourg? Le portrait ou les empreintes de nos animaux fétiches respectifs? Nos propres portraits (de profil et en noir, façon découpage en papier)? Un renard messager (Goupil est un habitué de notre jardin)? Des arbres entrelacés? Une lettrine médiévale géante? Des cailloux en forme de coeur? Un motif celtique? Moralité: il est plus facile de créer pour les autres que pour soi-même! Comme souvent, c’est Serge qui, par quelques paroles simples, a mis de l’ordre dans l’embrouillaminis de mes pensées et de mes nerfs. Heurêka. La lettrine s’est combinée avec l’esperluette, et les espaces se sont remplis de divers objets faisant référence à certains de nos penchants, individuels ou communs, dans un joyeux bric-à-brac. Résultat: un faire-part un peu ludique, qui permet aussi aux invités de jouer aux devinettes… Personnalisé, sans aucun doute. Joli, nous l’espérons!